Tag Archives: sexualité

LES VULVES

31 Jan

Dire le mot, c’est bon pour la langue.

Tu peux commander mon nouveau livre « TRÈS INTIME » auprès de ton libraire préféré ou bien Place des Libraires, Fnac, Amazon.

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(Québécois, il faut prévoir quelques petites semaines de délais le temps que le livre traverse l’océan, mais il arrive !)

PÉNIS : INCLINEZ-VOUS !

12 Mai

Apprivoisons nos amis les pénis.

Voulez-vous coucher avec moi ?

14 Juil

Je dis à ceux qui m’intéressent qu’ils m’intéressent. Voilà. Libre à toi de faire de même.

« Pénétrons la vie intime des autres femmes » [Solange-Radio #3]

31 Juil

L’idée d’un projet autour de la sexualité était dans l’air depuis septembre 2012, donc.

C’est quoi ton sexe ?

Les Nouveaux Médias de Radio France, en les personnes de Joël Ronez et Christilla Huillard-Kann toujours, estiment qu’il n’y a pas tant d’espaces où parler de ce qui se passe vraiment entre les corps : de si les jeunes hommes savent faire un cunni, de si les jeunes femmes décident de comment elles jouissent, etc. Ce genre de généralités sur les pratiques des uns et des autres souvent étayées dans une certaine presse.

Solange dans ton lit

Ainsi, nous envisageons de capturer des témoignages intimes de sorte qu’ils soient accessibles tels quels ou presque, sans trop d’enrobage éditorial ou de distance critique. Un grand recensement des sexualités. Je propose même d’emblée :

« Je vais débarquer chez les gens avec mon pyjama et ma brosse à dents et on va parler au lit, je vais passer la nuit avec eux. »

Ça fait sourire, ça convainc presque, mais on me rétorque que ce ne serait pas sérieux avec des garçons, que je vais me faire traiter de tous les noms, qu’il est plus sage de ne cibler que des filles/femmes.

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On est d’accord pour lancer la production d’un pilote. Titre de travail : « Solange dans ton lit ». Nom de code : « Solange au pieu ».

Choisir la bonne personne

À la recherche de ma première candidate, j’essuie deux refus de la part d’amies plus ou moins proches — je comprendrai ensuite que l’idéal est d’interroger de parfaites inconnues qui n’ont pas à s’inquiéter de l’impact de leurs confidences sur la suite de notre relation… Ça tombe bien puisque je suis assez pauvre niveau relations.

Je commence à lire les blogs de telle ou telle, je remonte les timelines. J’envoie un petit mail à celle qui me paraît la plus douce et compréhensive, avec en plus ce qu’il faut de mystère et de personnalité. C’est Anne-Lise.

La première fois

L’expérience est anxiogène et enivrante. J’en sors épuisée le lendemain matin, mais les quelques 150 minutes d’entretien m’inspirent fort.

Dans un premier temps je monte très « documentaire ». Je garde les silences, les hésitations, et les accrocs. Je conserve aussi mes relances d’origine et ajoute simplement trois didascalies (début, milieu, fin). J’en ressors avec cinq épisodes de 10 minutes.

S’ensuit une période de dormance où le projet cherche son écrin…

Délivrance

À l’approche de la St-Valentin (nous pourrions parler de combien il est contrariant d’attendre un hasard du calendrier pour qu’un programme trouve sa justification), Le Mouv’ propose de diffuser le témoignage d’Anne-Lise en préambule de la série à venir. Ça se précise, nous convenons finalement d’alléger le format : plus court, plus nerveux, ajout de musique. On peine à baptiser la créature. Ce sera, après moult délibérations : « Solange pénètre ta vie intime ».

Je suis aux anges. Je peux enfin reprendre mes recrutements intimes. Je ne vais plus dormir chez les filles parce que nous jugeons que c’est trop d’engagement. Mais à aucun moment nous ne remettrons en question le principe de n’interviewer que des femmes.

Au total : 10 témoignages (chacun en 5 épisodes) seront diffusés en autant de semaines, du 25 mars au 24 mai 2013 sur lemouv.fr

Je n’ai cessé d’espérer une diffusion antenne.

Merci à : Anne-Lise, Virginie, Mathilde, Chloé, Bintou, Léa, Nelly, Judith, Gabrielle, Dalila et toutes celles que j’ai failli rencontrer pensant que l’aventure continuerait (mais je ne désespère pas !) Je peux affirmer sans mentir que c’est, à ce jour, le plus beau travail de ma vie.

Et les hommes dans tous ça ?

Au fil des semaines, la question revient.

Sur facebook, ils sont plusieurs à s’irriter du choix des témoignages, de la place supposée des hommes dans le discours de ces femmes que j’aurais choisies parce qu’elles sont « fortes ». Certains regrettent qu’elles ne soient pas plus féminines, les (et me) taxent purement et simplement de misandrie.

Sur ces 10 femmes rencontrées, il se trouve que 5 avaient connu une (ou des) situation(s) d’abus du genre qui te marque bien et t’oblige à être forte, tu vois. Je n’étais évidemment pas au courant avant de les rencontrer.

À les entendre, je n’ai pas mis très longtemps à me convaincre qu’il y avait une injustice sanglante. Et une urgence. Celle de donner simplement la parole à des individus qui en ont été privés trop longtemps — à l’échelle de l’Histoire, j’entends. Pas juste les abusées, les violentées. Mais toutes celles qui endurent sans consentir. Parce que j’ai aussi été celle-là. Et puis, à force de pratiquer l’exercice délicat de confidente, j’ai réalisé que le fait d’être femme importait dans l’affaire, qu’en présence d’un homme je me trouverais étrangère. Que, très personnellement, je ne me sentirais pas légitime d’interroger les hommes comme j’interroge les femmes. C’était juste pas ma mission.

Autrement, il n’est pas du tout exclu de parler d’un tas d’autres sujets passionnants avec les hommes, les escargots ou les sèche-linges.