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SIX TRUCS QUE J’AIME

29 Sep

Ces choses qui font que ça va pas si pire.

1. Ballerines CROCS
2. Paëlla valenciana Picard
3. Avril et moi http://avriletmoi.tumblr.com
4. Under the Skin (Jonathan Glazer)
5. Ear Biscuits https://soundcloud.com/earbiscuits
6. The Art Assignment https://www.youtube.com/theartassignment

Objectif Solange : les coulisses de l’effort

17 Août

Depuis bientôt trois ans que je suis sur Youtube, je reste éblouie (et découragée) par son fonctionnement : l’urgence de produire vite et souvent, la nécessité d’être partout à la fois, la distance à mettre avec les commentateurs prompt à vous gâcher la vie, les rivalités, les interrogations liées à la « jeunesse » du médium, etc.

Malgré tout, je sens bien que c’est un endroit qui peut être « mon endroit », j’ai envie de m’y investir encore et plus parce que j’y ai tous les pouvoirs et que c’est grisant. Mais je peine à organiser ma petite entreprise (loin d’être rentable pour l’heure — et c’est communément tabou d’évoquer cet aspect). Bref je doute beaucoup.

J’ai pensé qu’il pourrait être intéressant de garder une trace de ces questionnements. En tant que (grande) consommatrice de vidéos, j’aime particulièrement voir les gens aux prises avec leurs difficultés du quotidien, je m’y retrouve et cela semble résumer l’existence : se dépêtrer avec ses journées, le travail et les besoins plus ou moins secondaires.

Je ne sais pas si cela n’intéressera que moi-même, mais ce sera déjà quelque chose.

Si tu as un/des avis sur la question, je serai heureuse de le lire.

« C’est ça nous. »

10 Fév

[Tu m’as écrit tant de choses tellement proches. C’était comme si tout d’un coup toutes les personnes Solange-compatibles dans le monde avaient eu mon adresse et me proposaient leurs mots, leurs mains, leur mail. Merci encore et quelle chance que tu existes !]

Maintenant, mon désir est de poursuivre le chemin de croix (Don’t Break The Chain) amorcé en janvier et de publier régulièrement des vidéos à identité variable. Je ne sais pas ce qu’elles seront, je m’engage d’abord à ce qu’elles soient. Tous les lundis jusqu’au printemps.

Aussi, il faut que tu saches. Parfois je serai triste dans une vidéo, mais ce n’est pas pas plus grave que d’y être heureuse, non ? Je ne veux pas que la tristesse m’empêche de tourner une vidéo. Oui, je suis triste quelquefois — et toi aussi. Et dans ce genre de cas, je ne souhaite pas nous imposer d’être gai à tout prix, tu vois. Il y a la télé pour ça. En gros, le principe de joie obligatoire ne s’appliquera pas ici.

Pour le reste, j’essaierai des trucs, je ramerai, ça sera comme dans la vie. Et tu me diras.

Je t’embrasse,
Solange

Une vidéo par jour en janvier : le bilan

4 Fév

Il est trop tôt et trop tard pour savoir vraiment ce qui a eu lieu.

Voici les 31 vidéos de janvier.

Je sais qu’au début je n’avais plus d’appétit et peinais à m’endormir, ce qui trahit le chamboulement profond, l’excitation, le BIEN-fondé du truc.

Je sais que j’ai eu de la joie, de la fierté, du mal et des tourments. Je me suis fait rire moi-même et un peu déçue (même pas vrai).

Je sais que j’ai rempli quelques objectifs :

  • élargir un cercle de spectateurs
  • dompter une petite communauté
  • produire quotidiennement
  • vaincre l’inertie, la peur d’échouer, le perfectionnisme, mes démons très intimes…
  • trouver du plaisir dans l’action (et même du sens !)

instajanvier

Je sais que des interrogations subsistent :

  • Internet peut-il être un/mon métier ? Ai-je les moyens (et l’envie) d’y générer des revenus ?
  • Comment allier des ambitions artistiques « singulières » à une destination populaire telle que Youtube sans s’y abîmer ?
  • Mon activité de youtubeuse fait-elle du tort à mes autres activités ? Sont-elles compatibles ?
  • Quel est mon « créneau » ? Dois-je le définir ?
  • Et après ?

Je ne sais pas.

Je ne sais pas pourquoi fabriquer des vidéos de cuisine, de beauté ou de santé s’est — entre autres — imposé à moi durant ce mois alors que je peste contre les stéréotypes. Je n’aime pas ça.

Je ne sais pas pourquoi des inconnus regardent ces vidéos que je passe au moins cinq heures à faire pour mon seul plaisir et trouvent le moyen d’écrire que c’est « naze ». (Qui sont ces gens pour prendre le temps de me gratifier de leur jugement si fin ?)

Je ne sais pas si je saurai cohabiter longtemps avec eux, ainsi à découvert.

Je ne sais pas le courage qu’il me reste.

Je sais qu’il y a eu de belles vidéos faites dans le plus grand découragement.

Je sais qu’il faut continuer. Je ne sais pas comment. Ni quoi.

Je sais que je vis plus fort quand je fais des trucs. Et plus fort encore quand tu les regardes.

Je ne sais pas qui tu es.

Je sais que tu (m’)importes.

Alors tu peux me raconter ce que tu sais ou ne sais pas :

  • de nous ?
  • des internets ?
  • de ce qui a eu lieu ?
  • de ce que tu envisages ?
  • de tout et de rien ?


Je t’aime et je continue de vouloir te parler beaucoup.

À tout bientôt,
Solange/Ina

Une vidéo par jour en janvier (bilan de la 1re semaine)

7 Jan

Déjà sept vidéos postées. Je réussis à tenir. Les cinq premiers jours ont été idylliques, une joie que je n’avais plus connue depuis longtemps. C’est un principe redoutable pour la motivation que de se lever avec une idée et de se coucher le soir avec l’objet fini. Mais cette excitation m’aura empêché de bien dormir et manger si bien que j’ai un peu craqué dernièrement, des larmes de fatigue nerveuse.

Youtube n’est pas un médium encore bien défini, encore largement méprisé et pas très fréquenté de ceux qui pourraient réfléchir sur lui. On a du mal à dire ce que c’est : du divertissement ? de la télé-réalité ? du vide ? de l’art-non-mais-tu-n’y-penses-pas ? Il y a une telle proximité, une presque égalité entre le producteur et le consommateur, que parfois j’ai le sentiment que mon employeur n’est autre que cet anonyme qui m’écrit qu’il est déçu, que je suis insignifiante et qu’il faudrait m’abattre. Un message dur pour dix très doux, c’est à peu près ce ratio. J’en arrive à la conclusion qu’il faut arrêter de tout lire, donc ne plus rien lire du tout parce que le malin est toujours tapi quelque part et qu’il m’anéantit profond.

Le 1er jour, c’était léger. Ce cadre était très confortable, il y avait de la lumière, c’était ma rencontre avec une nouvelle optique. Tourné 2h et monté 2h.

Le 2e jour, j’ai peiné. Je n’avais rien à dire, je trouvais tout vain, j’ai appelé au secours, j’ai essayé de faire avec mon désarroi et finalement ça a marché. Tourné 2h et monté 3h.

Le 3e jour, j’étais sur un nuage. Je me suis franchement amusée et dépensée, c’était l’enfance quand on joue et oublie l’heure qu’il est. Tourné 2h et monté 4h.

Le 4e jour, j’ai eu l’impression de perdre Solange. Et puis non, on s’en fout. C’était la première fois que je donnais un vrai conseil, que je mettais sincèrement à disposition d’autrui un outil utilisable. (C’est la vidéo la plus vue pour l’instant.) Tourné 2h et monté 4h.

Le 5e jour, c’était le terrain de jeu de nouveau (comme le 3e). Abandon, dépense, effusion. Le climax de cette semaine. Très émue de me voir libre et légère. Tourné 1h30 et monté 4h.

Le 6e jour, la fatigue s’est réveillée. Je me suis choisis un cadre et laissé les parents faire le reste. Tourné 1h30 et monté 3h30.

Le 7e jour, gros craquage. Mauvaise nuit, fatigue intense, sensibilité extrême aux mots d’internet. Je pleure, je dors, je prends un bain. Tourné 45min et monté 3h.

Encore trois grosses semaines. Garder le cap. Ça va être épique.
Heureusement que tu es là.

À demain,
Solange