Tag Archives: georges perec

62 révélations !

3 Mar

  1. J’ai souffert d’une addiction au sudoku.
  2. Mes parents m’ont offert l’épilation définitive des aisselles.
  3. Je chausse du 35.
  4. J’ai appris le piano, l’accordéon, la flûte traversière et le violoncelle.
  5. Je n’ai jamais bu de coca-cola.
  6. Je suis née à Montréal (Québec, Canada).
  7. J’ai déménagé en France à l’âge de 19 ans par amour.
  8. Je suis souple.
  9. J’ai horreur de la mayonnaise.
  10. Enfant, je ne supportais pas la chantilly.
  11. J’ai sauté en parachute.
  12. Je ne craque que pour les garçons gentils.
  13. Je suis sensible aux caresses et tapotements sur le sacrum.
  14. Je suis complexée des genoux.
  15. Les chaises ont été mes supports de masturbation de prédilection.
  16. J’ai arrêté d’avoir des amis vers l’âge de douze ans.
  17. Ma mère est cinquième d’une famille de dix enfants.
  18. Mon père a fui la Roumaniepour demander l’asile politique au Canada.
  19. Lorsque j’ai les pieds nus, je marche sur la pointe des pieds.
  20. Je suis petite (1m58).
  21. J’ai longtemps prétendu savoir jouer aux échecs.
  22. J’ai envisagé faire pilote d’avion.
  23. Je peut être vraiment sexy, mais je vois pas l’intérêt.
  24. Je ne sais pas.
  25. J’ai eu une lapine (Cocotte) et une perruche (Bisou).
  26. Emmanuelle Riva et Anna Karina sont mes plus grandes influences.
  27. Je dis « crouq ! »
  28. Je n’ai jamais eu de caries.
  29. Je me suis mariée un mardi de novembre.
  30. Je dors sur un oreiller à mémoire de formes.
  31. J’ai fréquenté une école catholique pour filles en uniforme.
  32. Une fois j’ai pris trop de médicaments.
  33. J’ai décidé de prendre l’accent français avant de m’établir en France.
  34. Il y a eu un incendie dans notre maison de campagne.
  35. Je ne veux pas d’enfant.
  36. Quand je m’affaire devant le miroir, je ferme un œil.
  37. Je ne supporte pas qu’on me touche le visage.
  38. Je dors seule.
  39. Personne ne m’appelle.
  40. J’aime François Hollande.
  41. J’ai eu un amant italien.
  42. La vidéo qui m’a donné envie d’en faire : « Devenir adulte » par Norman.
  43. Je préfère Marine Vacht à Adèle Exarchopoulos.
  44. Quand je vois des gros chiens, j’ai envie de les chevaucher.
  45. J’ai le visage tendu (surtout les sourcils).
  46. Je n’aime pas la cigarette.
  47. Je n’ai jamais pris de drogues.
  48. Je tape vite avec tous les doigts sans regarder le clavier.
  49. J’aimerais bien faire un spectacle du genre de ceux qui passent au niveau -1 du Centre Pompidou.
  50. Ado, je dansais le flamenco.
  51. J’ai jamais vraiment été ivre.
  52. J’étais la meilleure élève, mais ça m’a pas aidée dans la vie.
  53. J’ai toujours pensé qu’être acteur, c’était nul (et faible).
  54. J’ai eu des troubles du comportement alimentaire.
  55. Je jouais avec mon père à ce jeu qui me rendait très heureuse : au sortir du bain, il me mettait la serviette sur la tête, me prenait dans ses bras, tournait sur lui-même et se rendait dans une pièce et je devais deviner laquelle.
  56. J’ai cru frôler la mort quand on s’est enfermées dans le placard avec le chat et une copine.
  57. J’ai 28 ans…
  58. Je ne suis jamais allée en Afrique, ni en Asie, ni en Océanie.
  59. J’ai cru que ma vie professionnelle commencerait vraiment en 2007 quand Mathieu Amalric m’a choisie pour jouer dans son court métrage « Deux cages sans oiseaux » (c’était la même promotion que Pierre Niney et Léa Seydoux).
  60. J’ai déjà mangé un faux fruit confit dans un musée.
  61. Mes cheveux sont une armure contre la violence extérieure.
  62. Je pratique le naturisme.

« Dans le bus, les gens parlent comme si je les écoutais pas » [Solange-Radio #2]

24 Juil

À la rentrée 2012, contents de la réussite de « Solange lit tous tes tweets« , les Nouveaux Médias de Radio France et moi discutons des possibles suites.

Christilla Huillard-Kann et Joël Ronez évoquent l’idée d’un projet autour de la sexualité. Je leur propose alors une TELP (d’après la « Tentative d’Epuisement d’un Lieu Parisien » de Georges Perec, que je transforme en « Tentative d’Epuisement de La Pornographie »).

L’idée est simple : filmer un visage en train de regarder une vidéo au hasard sur YouPorn et tenter, en une prise, d’énumérer spontanément ce qui s’y passe.

L’occasion de remettre à profit un procédé descriptif déjà utilisé dans mes installations vidéo d’avant « Solange te parle », comme ici dans « Réussites/Patiences » (dont j’espère reparler un jour).

.
La proposition amuse Christilla et Joël, mais plusieurs contraintes nous font remettre en question le concept sûrement trop « conceptuel » pour le coup, limité, éventuellement répétitif, trop cru, l’usage de la vidéo n’étant pas idéal pour un partenariat avec une radio, etc.

Néanmoins, j’ai réutilisé le principe en projection d’un happening organisé par une galerie quelques mois plus tard. Parce que je continue de croire au potentiel du dispositif.

Puis, dans la continuité d’un certain recyclage de la parole publique tel qu’élaboré dans « Solange lit tous tes tweets », nous commençons à étudier les sources de discours quotidien à notre portée. Qui parle de quoi et où ? Les transports en communs s’imposent comme terrain d’écoute privilégié. Nous choisissons le bus par souci de ne pas trop s’ancrer dans le parisianisme souterrain du métro.

SolangeBUS2

S’ensuivent vingt épisodes diffusés sur le net de France Inter durant le mois de février 2013.

.
Déterminée à ce que ce nouveau programme passe à l’antenne, j’envoie un tweet à Pascale Clark qui me rappelle et propose gentiment de me faire une petite place le mardi matin dans « Comme on nous parle ». Plus tard, elle m’incitera à quitter le bus pour d’autres lieux publics…

La sortie du théâtre…

Le rayon Ésotérisme d’une librairie…

Une boutique de jeux vidéo…

.
« Solange dans le bus » et ses déclinaisons m’auront permis de célébrer les millions d’heures de dialogues ordinaires qui ont cours tous les jours dans ces espaces transitoires du quotidien, entre des gens qui bataillent pour se faire comprendre ou combler l’attente, le vide. En tant qu’auteure, si je peux jamais l’être, c’est cette matière-là qui m’intéresse le plus. Lorsqu’il s’agira de générer de la fiction, bientôt, pour le cinéma, je chercherai à faire jaillir ce type de langage.

Je n’ai pas le fantasme d’écrire pour que mes mots ressortent par la bouche des autres.

Autrement, passer des heures dans les bus et ailleurs à guetter une conversation exploitable est un beau métier très fatigant. J’ai beaucoup pensé aux « Filatures » de Sophie Calle. Elle revenait de sept ans de voyage à l’étranger, se retrouvait à Paris un peu désœuvrée, s’est mise à suivre des gens pour sortir de chez elle, circuler dans la ville sans avoir à décider des directions à prendre. Une manière de retrouver une vie normale en s’étalonnant sur celle des autres.

À suivre…